13 & 14/04/2026
Nous arrivons à Figueres, au nord de la Catalogne, après 5h40 de train depuis Paris. Cette ville, dont la population est comparable à celle de Saint-Malo, abrite surtout le théâtre-musée Salvador Dalí.
Notre arrivée se fait dans une gare provisoire, en attendant la construction d’une gare définitive, dont la réalisation ne semble pas encore à l’ordre du jour. Nous débarquons en début d’après-midi, sous un vent violent. Il nous faut une bonne demi-heure pour rejoindre notre hébergement depuis la gare. En chemin, nous nous arrêtons déjeuner à La Fabrica. Pas de tapas pour ce premier repas, mais nous profitons d’une formule du jour copieuse.
Notre logement est situé à une quinzaine de minutes à pied du centre-ville. Cela nous permet de nous reposer avant de ressortir pour une balade en fin de journée.
Nous découvrons la Rambla, cette large avenue bordée d’arbres. Auparavant, il s’agissait d’un ruisseau qui servait principalement de déversoir à déchets. Il a donc été recouvert pour former la Rambla.
Notre promenade nous a ensuite mené vers l’Església de Sant Pere, plutôt austère avec sa façade sobre. C’est dans cette église que Salvador Dalì a été baptisé et où, bien des années plus tard, son enterrement a eu lieu en 1989. Et enfin, nous sommes montées jusqu’au Château de Sant Ferran, forteresse militaire du XVIIIè et ancienne prison.
Notre parcours est rythmé par plusieurs places emblématiques. La Plaça Ajuntament, cœur historique de Figueres, puis la Plaça del Gra, célèbre pour son marché couvert animé. La Plaça Josep Pla (écrivain catalan) où est situé le Teatre El Jardí, et enfin la Plaça Gala i Salvador Dalí. Nommée en l’honneur de la muse et épouse de l’artiste, c’est ici que se dresse le Théâtre-musée Dalí. Sa façade surréaliste, ornée d’œufs et de pains géants, nous donne un avant-goût de l’univers onirique qui nous attend à l’intérieur.
C’est la dernière grande œuvre de Salvador Dalí, conçue et dessinée par l’artiste lui-même sur les ruines de l’ancien théâtre municipal, détruit par un incendie pendant la guerre civile espagnole. Inauguré en 1974, ce lieu retrace toute la carrière de Dalí (réunissant plus de 4000 œuvres). De ses tableaux impressionnistes à ses œuvres les plus récentes, inspirées par les avancées scientifiques et technologiques : peintures, dessins, sculptures, bijoux, installations…On y trouve de tout et surtout du loufoque, à l’image de l’excentricité de Dali !
C’est là que cela devient fascinant : chaque détail est une folie, et même quand on croit avoir tout vu, il y a un nouvel élément qui attire l’œil. On s’amuse à repérer les symboles récurrents dans son œuvre : les fourmis, le pain, les tiroirs, le fil rouge et surtout les montres molles, qui incarnent la relativité du temps. Les œufs, quant à eux, illustrent l’antagonisme entre le dur et le mou, la coquille, symbole de rigidité et de protection, enveloppant une psyché vulnérable et fluide (ouais, ouais, il était copain avec Freud). On reste scotchées, à chercher sans fin ces petits riens qui font toute la magie de ce musée (dixit Z). L’analyse psychologique de ces œuvres laisse penser à un profil psychotique. Et – sans avoir besoin d’une analyse poussée – doté d’une personnalité très narcissique (dixit F). Il faisait un peu peur quoi (dixit L). On dirait le « fou » du bus (dixit A). Et que dire des titres de ces œuvres très décalées : « Autoportrait mou avec une tranche de lard grillé » ou « Portrait de Gala avec deux côtelettes d’agneau en équilibre sur son épaule ».