13 - 18/07/2025
Nous avons pris le temps de visiter le quartier juif de Prague qui se situe entre la Vieille Ville et la rivière Vltava. Nous avons essayé d’arriver assez tôt pour éviter la foule. Un ticket combiné (environ 23 euros par personne) permet d’accéder à quatre synagogues ainsi qu’au cimetière juif. Deux autres sites normalement accessibles étaient malheureusement fermés lors de notre passage.
Le quartier juif de Prague a longtemps été un ghetto fermé, imposé aux Juifs à partir du XIIIe siècle. Au fil des siècles, il a subi les pogroms au Moyen Âge, les restrictions sévères sous l’Empire austro-hongrois et bien entendu la seconde guerre mondiale. Le quartier a beaucoup changé entre la fin du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle (vers 1890-1910) lors de travaux d’urbanisme visant à moderniser la ville. La construction de larges avenues et de nouveaux immeubles datent de cette période. De nombreux édifices ont aussi été détruits durant la guerre.
Aujourd’hui le quartier abrite toujours plusieurs monuments historiques comme ceux que nous avons visités. Il est par ailleurs composé de cafés, galeries d’art, immeubles art nouveau et de nombreuses boutiques de luxe notamment autour de la rue Pařížská, célèbre pour ses enseignes haut de gamme. Cette rue fait visiblement partie des rues les plus chères de Prague,
Chaque synagogue a sa particularité. Nous avons commencé le circuit par la synagogue Maisel. D’un style néo-gothique, elle retrace l’histoire de la communauté juive et présente un certain nombre d’objets liés à cette histoire.
Nous avons ensuite découvert la synagogue Pinkas, qui est la plus marquante, la plus émouvante.
Ses murs sont, en effet, entièrement recouverts des noms des victimes juives tchèques de la Shoah. Être confrontées à la quantité de noms, écrits tout petits et couvrant presque tous les murs de la synagogue Pinkas fait froid dans le dos…
Pour continuer dans le rappel de l’horreur : une salle à l’étage expose aussi des dessins d’enfants déportés au camp de transit de Terezín situé à une soixantaine de km de Prague. Ces dessins, réalisés par des enfants de différents âges, illustrent le transport et la vie dans le camp ainsi que leurs espoirs pour la suite. Ils ont été faits dans le cadre d’ateliers organisés clandestinement par quelques artistes et enseignants détenus dans le camp. La plupart des enfants malheureusement n’ont pas survécu. Les dates de naissance et de mort écrits à côté de leurs noms près des dessins nous le rappellent tragiquement.
A côté de la synagogue Pinkas se trouve le vieux cimetière juif qui était en activité de 1439 à 1787. Faute d’espace, les tombes y ont été superposées sur plusieurs couches, jusqu’à douze selon les estimations. Ainsi, si plus de 12 000 pierres tombales sont visibles, le nombre de personnes enterrées y est bien plus élevé. Le paysage de stèles inclinées et entassées est plutôt atypique.
Nous avons également visité la synagogue espagnole. Elle contraste avec la synagogue Pinkas impressionne avec son intérieur doré et son style mauresque. Enfin, nous avons terminé par la vieille-nouvelle synagogue, l’une des plus anciennes d’Europe encore en activité qui a une architecture médiévale plutôt austère.
Le quartier juif mérite le coup d’œil. Après la synagogue de Budapest, c’était dans la continuité : une ambiance empreinte d’histoire, mais toujours captivante.