Le quartier juif a commencé à se développer au XVIIIᵉ siècle, lorsque les autorités ont autorisé les Juifs à s’installer dans la ville, principalement dans cet arrondissement.
La communauté juive de Pest a connu une croissance rapide au XIXᵉ siècle, devenant l’une des plus importantes d’Europe centrale. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la communauté représentait près de 20% de la population soit plus de 200 000 Juifs.
Le quartier s’est structuré autour de ses institutions religieuses et culturelles, de ses commerces, écoles et cafés. La plus grande synagogue d’Europe (la 2ème plus grande au monde) a ainsi été construite dans la rue Dohány entre 1854 et 1859. Nous avons été la visiter.
La synagogue est impressionnante avec sa sa façade en brique rouge, ses deux tours coiffées de dômes et son intérieur décoré avec un style mauresque. Elle peut accueillir près de 3 000 fidèles. Le bâtiment d’origine avait été endommagé par le parti pro-nazi en 1939 avant d’être restauré après la guerre. La synagogue avait aussi été utilisée à partir de mars 1944, comme base pour la radio allemande mais aussi comme écurie.
La visite était émouvante car la synagogue est un lieu important de mémoire. Avec le billet (30 euros/personne), on a également accès au musée juif, un mémorial de l’Holocauste et le jardin des Justes, où reposent les victimes du ghetto de Budapest.
On découvre ainsi plus en détail l’histoire et les conditions terribles du quartier pendant l’occupation nazie. Celui-ci a été transformé en ghetto en novembre 1944 quand les troupes soviétiques avançaient vers la ville. Environ 70 000 Juifs furent enfermés dans des conditions terribles jusqu’à la libération et environ 10 000 à 15 000 sont morts en l’espace de deux mois, à cause de la famine, du froid, des maladies et des violences.
Le musée n’est pas du tout pédagogique, il faut être prêt.es à lire uniquement des panneaux de textes écrits en anglais accompagnés de photos. Néanmoins, il explore ce qui s’est déroulé plus largement avant et pendant la guerre. Le développement de la communauté juive, la vie sous l’occupation à Budapest, le sort mortel de la quasi totalité des juifs de province entre unités de travail forcé (labour service) et déportations massives entre mai et juillet 1944, les diplomates qui ont sauvé des milliers de vies en distribuant des passeports de protection…
Aujourd’hui, le quartier juif est également un symbole de résilience. Il s’agit d’un quartier dynamique et vivant où on trouve notamment les fameux « ruin bar ». Ces bars alternatifs sont nés dans les immeubles délabrés. Ils sont aujourd’hui des symboles de l’art urbain et de la vie nocturne animée du quartier. Ils sont décorés avec des meubles de récupération et des objets vintage. Nous avons pris un verre dans le plus ancien (ouvert en 2002) et le plus célèbre : Szimpla Kert qui vaut le détour.
En nous promenant dans les ruelles, quelques œuvres de street art ont attiré notre regard, ajoutant une touche de couleur à l’atmosphère du quartier.