Zagreb

06-08/07/2025

Nous voici dans la capitale croate pour trois nuits ! Un bus depuis les lacs de Plitvice nous a permis de rejoindre Zagreb en environ deux heures.

Malgré ses plus de 600 000 habitants, Zagreb est une capitale étonnamment paisible. Peu touristique, on s’y est tout de suite senties bien, comme à la maison. Un petit air de Rennes, avec ses terrasses de cafés animées, ses ruelles où flâner et en bonus, une touche austro-hongroise et balkanique qui lui donne tout son charme.

Après plus d’un mois de grand soleil, la météo s’est montrée moins clémente : orages et averses ont ponctué notre séjour. Résultat, on a dû faire une croix sur certaines escapades nature (le lac Jarun, le jardin botanique, le cimetière Mirogoj ou encore le parc Medvednica). Heureusement, cela ne nous a pas empêchées d’explorer la vieille ville, qui regorge de surprises !

Zagreb s’organise autour de deux cœurs historiques : la haute ville (Gornji Grad), perchée sur les collines de Kaptol et Gradec et la basse ville (Donji Grad), plus moderne et animée.

La haute ville – Gornji Grad

C’est ici que tout a commencé, au Moyen Âge. La haute ville s’étend sur deux collines : Kaptol et Gradec. Ces deux cités étaient jadis séparés par un cours d’eau qui a été couvert fin du XIXe et qui est aujourd’hui la rue Tkalčićeva (on ne vous dira pas comment elle se prononce celle-ci).

Le quartier de Kaptol s’est développé autour de la cathédrale de l’Assomption de la Vierge Marie, une des cathédrales gothiques les plus impressionnantes en Europe, dont les deux flèches élancées dominent le paysage urbain. Cette dernière est en restauration suite au séisme de mars 2020, comme d’autres édifices de la ville. Elle reste impressionnante malgré les échafaudages, avec ses détails néo-gothiques et ses grandes portes sculptées. Autour, les petites rues paisibles contrastent avec l’animation du centre, et l’on croise ici et là de charmantes maisons anciennes aux façades pastel.

Côté Gradec, l’ambiance est différente, caractérisée par ses rues médiévales et son église Saint-Marc. On y déambule dans un labyrinthe de ruelles pavées et de petites places tranquilles. On y découvre plusieurs incontournables :

  • L’église Saint-Marc, bien connue avec son toit en tuiles vernissées et colorées représentant les armoiries de la ville et du royaume de Croatie.
  • La tour Lotrščak, vestige des fortifications du XIIIe siècle. Elle abrite encore le canon qui tonne chaque jour à midi pile. C’est une tradition locale depuis 1877 afin de rappeler comment les turcs ont été chassés.
  • La porte de pierre (Kamenita Vrata), unique vestige des quatre portes de la vieille ville qui est aujourd’hui un lieu de recueillement. On y trouve une petite chapelle cachée dans le passage, avec une icône de la Vierge Marie, rescapée miraculeusement d’un incendie, ce qui a contribué à la légende du lieu.
  • La promenade Strossmayer, perchée sur les anciens remparts, est la plus ancienne rue piétonne. Bordée d’arbres, elle offre un joli panorama sur la ville basse.

La basse ville- Donji Grad

Fait plutôt insolite : un funiculaire vieux de plus de 130 ans, relie en seulement 64 secondes la promenade Strossmayer (dans la haute ville) à la rue Tomićeva (dans la basse ville). Malheureusement, il était fermé lors de notre passage.

A défaut, nous avons exploré un autre passage atypique. Le tunnel Grič, creusé pendant la Seconde Guerre mondiale pour servir d’abri antiaérien. Long d’environ 350 mètres, il relie plusieurs rues du centre (notamment Mesnička, Radićeva et Ilica).

La basse ville contraste avec la haute par son tracé plus moderne et régulier. Ici, on sent l’influence austro-hongroise dans l’organisation des grands boulevards, les places spacieuses et les façades néo-classiques. C’est un quartier vivant, rythmé par les trams qui sillonnent la ville et les passants qui s’y promènent à toute heure.

On y trouve :

  • La place Ban Jelačić, qui est le lieu de rassemblement au cœur de la ville, entouré de commerces et d’immeubles colorés de styles variés… On la repère facilement avec la statue équestre de Josip Jelačić au centre. Beaucoup de lignes de tramway convergent ici.
  • Les rues commerçantes qui partent de la place, comme la plus célèbre rue de ce genre Ilica.
  • Le marché central Dolac, à deux pas de là, qui est repérable avec ses étals aux parasols rouges (nous n’avons pas pu le voir du fait de la météo).
  • La rue Tkalčićeva, non loin de là, est une rue colorée et animée avec une enfilade de bars (à 3 euros 50 la pinte) et de cafés qui donnent envie de se poser,
  • Le Théâtre national croate reconnaissable à sa façade jaune, qui se trouve sur une élégante place bordée de jardins,
  • La cathédrale de la Transfiguration du Seigneur, église orthodoxe serbe construite au XIXe siècle, avec son architecture romano-byzantine. Elle représente le siège de la communauté orthodoxe serbe de Zagreb et Ljubljana.

Zagreb côté street art

En se perdant dans les rues de la haute ville, on est tombées un peu par hasard sur le parc Opatovina, entouré de fresques bien sympathiques réalisées par des artistes de street art. Un peu plus loin, l’escalier Zakmardijeve, surnommé la punk rock street, est entièrement décoré de graffitis.
On a découvert que Zagreb avait été la première ville d’Europe de l’Est communiste à promouvoir officiellement le street art. Ainsi, chaque année en septembre, elle accueille même le Zagreb Street Art Festival !

Les musées insolites de Zagreb

Notons que Zagreb compte plus de 30 musées, certains très originaux : musée du chocolat, musée de la gueule de bois, musée des oeuvres inachevées, musée de la cravate…

Nous avons opté pour l’un des plus connus : le musée des coeurs brisés (Museum of Broken Relationships). Fondé par deux artistes croates après leur propre rupture, il rassemble des objets du quotidien envoyés du monde entier. Derrière ces objets souvent banals (un passeport, une cassette, un set de lego de friends…) se cachent des histoires de ruptures amoureuses, familiales. Parfois, elles prennent une tournure plus originale, comme une pâte à pizza pour rappeler une douloureuse rupture avec… le gluten.
Certaines anecdotes font sourire, d’autres sont en revanche vraiment à briser le cœur… On y a passé plus d’une heure sans voir le temps passer.

Pour ceux qui préfèreraient explorer les musées ou galeries d’art, il y a de quoi faire à Zagreb ! La ville est réputée pour sa scène artistique indépendante.

Petit conseil pratique si comme nous vous vous trouvez à Zagreb en début de semaine : évitez les visites un lundi, beaucoup de lieux (musées, jardin botanique…) sont fermés !

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